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Changement d'usage : l'autorisation du maire quand un logement cesse d'en être un
Deux mots qui se ressemblent, deux procédures qui n'ont rien à voir. Le changement de destination relève de l'urbanisme : il classe le local. Le changement d'usage relève du code de la construction et de l'habitation : il protège le logement, et il ne s'applique que dans certaines communes, quand un local d'habitation cesse d'être habité. Transformer un appartement en cabinet, en bureau ou en meublé de tourisme dans une grande ville peut demander les deux. Voici la règle, avec les articles.
Dossier de changement d'usage
À titre personnel, dans la commune de votre local
390€ HTsoit 468 € TTC
- Formulaire de la commune et simulateur des pièces
- Plan coté signé, titre d'occupation, justificatif de profession
- Dépôt et suivi jusqu'à la décision du maire
290 € HT avec un dossier ERP complet ou le pilotage urbanisme, qui fournissent déjà les plans et le projet. Avec compensation, sur devis.
Estimer mon dossierOù la règle s'applique, et à quoi
Le changement d'usage des locaux d'habitation peut être soumis à autorisation préalable, par décision de l'organe délibérant, dans les communes dont la liste est fixée par décret (celles où s'applique la taxe sur les logements vacants) ; les plus grandes villes et leur périphérie dense en font partie. Sont des locaux à usage d'habitation toutes les catégories de logements et leurs annexes, et un local est réputé à usage d'habitation s'il était affecté à cet usage à certaines dates de référence ou au cours des trente dernières années.
Louer un logement meublé en meublé de tourisme constitue, lui aussi, un changement d'usage.
- Changement de destination : urbanisme, dans toutes les communes, pour classer le local.
- Changement d'usage : code de la construction, dans certaines communes seulement, pour protéger le logement.
- Un logement transformé en commerce à Paris, Lyon, Marseille ou en petite couronne demande, en général, les deux.
§ CCH, art. L. 631-7 et s.§ Service-Public, F35336
Qui délivre l'autorisation, et à quelles conditions
- Le maire (à votre charge) : L'autorisation préalable au changement d'usage est délivrée par le maire de la commune où est situé l'immeuble, après avis, à Paris, Marseille et Lyon, du maire de l'arrondissement (L. 631-7-1).
- Une compensation, parfois (selon le cas) : L'autorisation peut être subordonnée à une compensation : la transformation concomitante en habitation de locaux ayant un autre usage. C'est le point qui rend l'opération coûteuse dans les villes les plus tendues.
- À titre personnel (à votre charge) : L'autorisation est accordée à titre personnel : elle cesse de produire effet quand il est mis fin, définitivement, à l'exercice professionnel du bénéficiaire. Elle ne se transmet pas avec le local.
- Le changement de destination, en plus (à notre charge) : Si le local passe d'habitation à commerce ou activité de service, la déclaration préalable ou le permis d'urbanisme s'ajoute, puis l'autorisation de travaux ERP si le local reçoit du public.
§ CCH, art. L. 631-7 et s.§ CCH, art. L. 122-3
Les cas où aucune autorisation n'est nécessaire
Le code prévoit trois situations où une activité professionnelle, y compris commerciale, peut s'exercer dans une partie d'un local d'habitation sans autorisation de changement d'usage, dès lors qu'aucune clause du bail ou du règlement de copropriété ne s'y oppose.
Dans ces trois cas, le bail reste un bail d'habitation : il n'est pas soumis au statut des baux commerciaux et ne peut pas être un élément du fonds de commerce.
| Situation | Condition | Article |
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| Résidence principale, sans recevoir personne | L'activité n'est exercée que par les occupants qui ont là leur résidence principale, et ne conduit à y recevoir ni clientèle ni marchandises | L. 631-7-3 |
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| Résidence principale en rez-de-chaussée | Même condition d'occupation ; l'activité n'engendre ni nuisance ni danger pour le voisinage, ni désordre pour le bâti. La clientèle peut être reçue | L. 631-7-4 |
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| Résidence principale, sur autorisation simple du maire | Le maire peut autoriser l'activité dans une partie du logement, sans compensation, aux mêmes conditions de voisinage et de bâti | L. 631-7-2 |
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§ CCH, art. L. 631-7 et s.
Ce que cela change pour un cabinet ou un commerce à domicile
Un professionnel qui reçoit des clients dans une partie de son logement, au rez-de-chaussée, dans une grande ville, peut donc le faire sans changement d'usage si le bail et la copropriété le permettent. Reste la question de l'ERP : si l'entrée et les circulations sont communes avec le logement, le local n'est pas un ERP ; s'il a sa propre entrée, c'en est un, avec son dossier. Les deux questions se posent séparément, et c'est l'ordre dans lequel nous les prenons.
§ Qu'est-ce qu'un établissement recevant du public ?
À Paris : un téléservice, deux mois, et le maire d'arrondissement
Paris est la commune où la règle pèse le plus. La demande se dépose sur le téléservice de la Ville (Direction du logement et de l'habitat, Bureau des changements d'usage), avec un simulateur qui établit la liste des pièces selon votre cas. L'instruction ne commence qu'une fois le dossier complet ; la décision est envoyée par courrier dans un délai maximum de deux mois, après consultation du maire d'arrondissement. Le règlement municipal favorise l'installation des professions libérales en rez-de-chaussée sur tout le territoire ; les professions réglementées peuvent aussi s'installer en étage, hors des dix-neuf quartiers dits à prédominance de bureaux.
Quand des travaux soumis à permis ou à déclaration préalable accompagnent la transformation, la demande d'urbanisme vaut aussi demande de changement d'usage : un seul dépôt. Sans travaux, ou quand l'urbanisme n'est pas concerné, le dossier de changement d'usage se dépose seul.
§ Paris.fr, changement d'usage§ Service-Public, F35336
Ce que vous risquez sans autorisation
Celui qui enfreint les dispositions sur le changement d'usage, ou ne respecte pas les conditions de l'autorisation, est passible d'une amende civile pouvant atteindre 100 000 € par local irrégulièrement transformé, prononcée par le président du tribunal judiciaire à la demande de la commune, de l'Agence nationale de l'habitat ou de l'intercommunalité compétente, qui peuvent aussi obtenir le retour du local à l'habitation sous astreinte.
§ CCH, art. L. 651-2